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Agenda Santé mondiale Septembre – Décembre 2021

Découvrez l’agenda des principaux événements Santé mondiale du trimestre à venir, en France et à l’international !

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Quoi de neuf en santé mondiale ? Juillet/août 2021

Chères toutes, chers tous,

Comme chaque mois, découvrez notre revue de presse sur la santé mondiale en suivant ce lien : https://www.scoop.it/topic/sante-mondiale.

En écho au Forum Génération Égalité qui s’est tenu à Mexico en mars et à Paris du 30 juin au 2 juillet 2021, nous vous proposons une revue de presse estivale (juillet-août) consacrée aux conséquences de la pandémie de Covid-19 envisagées au prisme du genre.

Dès le printemps 2020, il apparaît que les femmes payent un plus lourd tribut que les hommes à l’épidémie. Plusieurs facteurs sont d’emblée identifiés : une plus grande exposition des femmes au virus du fait de leur sur-représentation dans les milieux de la santé et des services et, comparativement aux hommes, une proportion plus grande de femmes affectées par les pertes d’emploi liées à la pandémie.

Un an plus tard, le constat reste de mise, et il n’y a bien que sur le plan médical que les femmes s’avèrent moins durement touchées par le Covid-19 que les hommes. Dans le domaine social et économique, l’ampleur des conséquences de la pandémie sur les femmes s’avère majeure. Au niveau macro, le World Economic Forum estime dans son étude annuelle parue en avril 2021 que la crise sanitaire a retardé de plus d’une génération le temps nécessaire pour parvenir à l’égalité femmes-hommes. Une étude de la Fondation des femmes détaille, dans le cas français, les différentes séquences temporelles et leurs impacts pour les femmes en termes de division du travail domestique et éducatif, d’égalité professionnelle, de capacité ou non à adapter l’activité professionnelle, de perte d’emploi et de ses conséquences différenciées en fonction de l’existence ou non d’une protection sociale.

Si ces études s’étoffent à propos des pays à revenus élevés, elles demeurent à ce jour encore relativement rares pour les pays à ressources limitées. Les études existantes montrent qu’en Amérique Latine et dans les Caraïbes, les femmes ont été plus vulnérables que les hommes aux changements du marché du travail induits par la pandémie. En effet, elles occupaient – et continuent d’occuper – une plus grande proportion des emplois dans le secteur informel et/ou dits de « première ligne », c’est-à-dire nécessitant des interactions en face à face, avec moins de possibilité de travail à distance, tels que le commerce, les soins aux personnes ou le tourisme. De plus, elles ont été soumises à une charge de travail domestique accrue, la garde et le soin des enfants et des dépendants leur revenant dans l’écrasante majorité des cas.

En Afrique, la pandémie s’est traduite par de fortes perturbations des services et soins concernant spécifiquement les femmes : fermeture de nombreux centres de santé maternelle et ruptures d’approvisionnement en contraceptifs, perturbation des services de prévention du VIH, diminution considérable des taux de scolarisation des filles et des jeunes filles, augmentation des violences physiques et des violences sexuelles faites aux femmes, entre autres. Comme le montre une étude réalisée en 2021 au Maroc, ces difficultés se sont cumulées, touchant le travail, majorant le travail domestique et exposant davantage les femmes aux violences.

La question des effets de la riposte et des plans de relance économique sur ces inégalités de genre se pose donc actuellement avec force. À cet égard, il convient de tirer les enseignements d’épidémies passées. Celles de Zika et d’Ebola ont ainsi montré que les ripostes n’avaient pas pris en compte les inégalités structurelles de genre, et qu’elles avaient finalement contribuer à les aggraver. Il y a, sur ce plan, beaucoup à faire, comme le montre le « Covid-19 global gender response tracker« , qui propose un monitoring des mesures prises par les gouvernements en réponse à la pandémie, en soulignant celles qui prennent en compte la dimension du genre.

Il faudrait sans doute aller encore plus loin. Pour appréhender de manière fine les conséquences de la pandémie et concevoir des plans de relance pertinents, il conviendrait de ne pas réduire le genre à la binarité hommes/femmes, et d’adopter un prisme intersectionnel, autrement dit de chausser des lunettes qui prennent en compte les différents rapports sociaux – de genre, de « race, » de classe, d’âge, liés à la migration, entre autres – et les vulnérabilités spécifiques que leurs articulations définissent. Un point que nous avions déjà évoqué dans une note co-écrite avec Nathalie Bajos sur la santé sexuelle et les inégalités sociales au prisme du genre. Pour élaborer et mettre en œuvre des politiques qui contrecarrent l’aggravation des inégalités, l’enjeu principal n’est en effet pas tant d’identifier quel groupe est le plus affecté, mais d’appréhender comment les différents groupes sont affectés et de décrypter les mécanismes à l’œuvre dans la fabrique de ces effets différenciés. Des questions qui devraient aussi, du reste, trouver leur place dans les plans de préparation aux futures pandémies, et de manière plus générale dans les politiques de santé publique et de santé mondiale.

Nous espérons que cette sélection, regroupant articles de presse, articles scientifiques et rapports, vous permettra d’avoir une vision plus claire des questions de santé mondiale.

La préparation et la réponse aux pandémies : quels enjeux pour l’Europe et le Monde ? Webinaire le 24 juin 2021.

Bonjour à tous·tes,

La pandémie du Covid-19 a rudement mis à l’épreuve le multilatéralisme, exposant ses failles et ses lignes de fracture, et révélant un très haut niveau d’interdépendance de nos sociétés à l’échelle continentale et mondiale. À l’heure des premiers bilans, il apparaît clairement que la préparation et la réponse aux pandémies requiert une gouvernance solide et cohérente à l’échelle supranationale. Comment y parvenir en Europe, et au-delà ?

Pour approfondir ces réflexions, le think tank Santé mondiale 2030 et l’Institut Jacques Delors organisent un webinaire intitulé La préparation et la réponse aux pandémies : quels enjeux pour l’Europe et le Monde ? qui se tiendra le 24 juin de 17h à 18h30.

La discussion réunira des spécialistes de haut niveau. Michel Kazatchkine (Ancien Directeur Exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; Senior fellow au Centre de Santé Globale, Institut de Hautes Études Internationales et du Développement à Genève) présentera d’abord les conclusions du panel indépendant pour la préparation et la réponse aux pandémies dont il était membre.

La discussion sera ensuite ouverte par Agnès Buzyn (Chargée des affaires internationales auprès du Directeur Général de l’OMS), Francesca Colombo (Cheffe de la division santé de l’OCDE) et Xavier Prats-Monné (Président du Groupe de travail Santé de l’Institut Jacques Delors et ancien DG Santé de la Commission européenne).

Nous pensons que cet évènement pourra vous être d’un intérêt particulier.

Santé Mondiale 2030 et l’Institut Jacques Delors.

Si vous souhaitez vous inscrire, c’est ici.

Le lien vers la rediffusion de l’évènement est disponible ici !

Quoi de neuf en santé mondiale ? Mai 2021

Chères toutes, chers tous,

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En ce mois de la journée mondiale de l’Afrique (25 mai), nous proposons un tour des actualités africaines relatives à la pandémie de Covid-19.

Sur le continent, les données en matière de Covid-19 manquent. On méconnaît la façon dont l’épidémie affecte véritablement l’Afrique. La raison principale : des moyens de dépistage très limités, et quasi inexistants dès que l’on s’éloigne des principales villes. Les difficultés sont encore plus marquées en matière de séquençage et donc de suivi des variants, puisque seule une poignée de pays africains disposent des appareils requis. On commence toutefois à en savoir un peu plus sur la mortalité liée au Covid-19 au sud du Sahara. Une étude parue dernièrement montre que le taux de mortalité chez les patients atteints de formes sévères est beaucoup plus élevé sur le continent (48,2 % versus 30 % en moyenne sur les autres continents), ce qui reflète la rareté des services de soins intensifs et des équipements et produits de santé (dont l’oxygène) nécessaires pour la prise en charge des formes graves.

Face à des chiffres de mortalité initialement bas, la démographie du continent – la moitié de la population y a moins de 19 ans – a d’abord été mise en avant. Les données récentes donnent à voir une situation beaucoup plus différenciée et fortement évolutive. Si le nombre de nouveaux cas a baissé de 9% à l’échelle du continent, la tendance est localement à la hausse en Afrique du Sud et au Nigeria. Une enquête de prévalence menée sous la houlette du CDC Afrique dans dix-sept pays du continent, dont les résultats ne sont pour l’instant connus que pour cinq pays, montre que dans certaines zones la prévalence est très élevée (22,9 % dans la population de Lagos).

Ces tendances sont à lire au prisme de la circulation de plusieurs variants au sud du Sahara. Le variant indien a d’abord été détecté en Ouganda, avant de l’être aussi au Kenya, en Afrique du Sud, au Botswana, en Angola, en RDC, au Nigeria, en Zambie et au Zimbabwe. Le variant dit sud-africain, identifié en 2020, a depuis été retrouvé dans vingt autres pays africains. En décembre 2020, un autre variant a été identifié au Nigeria, sans qu’il ne soit pour l’heure permis de statuer quant à sa contagiosité. Le variant dit britannique circule aussi sur le continent, où il a été retrouvé dans vingt pays.

Mais c’est assurément la question des vaccins qui domine actuellement les conversations. Le conseil de sécurité des Nations Unies du 19 mai a rappelé les faits : l’Afrique n’a reçu à ce jour que 2 % de tous les vaccins administrés à l’échelle mondiale. Pour rappel, c’est essentiellement via le Covax – l’un des trois piliers du dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19, dit accélérateur ACT – que les vaccins sont rendus accessibles sur le continent. Le mécanisme privilégie le vaccin AstraZeneca, qui est fabriqué en Inde par le Serum Institute of India. Or depuis février, le continent fait face à deux nouveaux défis. Il y a d’abord l’efficacité bien moindre du vaccin AstraZeneca sur le variant « sud-africain », mise en évidence par des chercheurs.ses du KwaZulu-Natal Research Innovation and Sequencing Platform. Sitôt ces éléments connus, le gouvernement sud-africain décide de mettre de côté le million de doses d’AstraZeneca déjà commandées. Nouveau coup de tonnerre à la fin du mois de mars : alors qu’elle est en proie à une vague de Covid-19 sans précédent, l’Inde annonce qu’elle interrompt momentanément ses exportations de vaccins. Le Serum Institute of India, le plus grand producteur de vaccins au monde, cesse les livraisons à destination de Covax. D’abord annoncée pour juin, la reprise des exportations est désormais reportée à la fin de l’année.

Les dernières semaines ont aussi été marquées par les annonces de restitution de nombreuses doses de vaccins, voire par leur destruction. La RDC a ainsi restitué à Covax 1,3 million de doses AstraZeneca sur les quelques 1,8 million reçues. Pour expliquer ces restitutions massives, la plupart des observateurs évoquent les problèmes de logistiques et d’infrastructure – transport, système de santé, atteinte des zones périphériques – mais soulignent aussi l’important problème de la défiance face aux vaccins. Une défiance distribuée de manière hétérogène sur le continent, comme le montre une étude réalisée sous la houlette du CDC Afrique sur la perception des vaccins dans quinze pays. Certes, il convient de garder à l’esprit les écarts possibles entre les déclarations d’hésitation vaccinale et les comportements, ainsi que le caractère changeant de l’hésitation vaccinale. Dans certains pays africains, le phénomène est toutefois actuellement tel que les étrangers expatriés accèdent très facilement à des vaccins que les autorités de santé peinent à écouler. La défiance est en partie nourrie par les rumeurs complotistes qui circulent via les réseaux sociaux. Pour répondre à ce défi, l’OMS a créé fin mars 2021 Viral Facts Afrique, un projet réunissant des experts de la vérification des faits et des institutions sanitaires, et qui poursuit l’objectif de réfuter rapidement – et notamment dans les langues locales – les mythes là où ils se propagent.

Il serait toutefois réducteur de penser que la seule « rectification » des messages suffira. La question de la source de l’information, et de sa légitimité, est fondamentale, et doit être pensée sur le temps long. Les épidémies d’Ebola ont ainsi mis en lumière que les autorités comme les professionnels de santé souffraient d’une très faible légitimité aux yeux des populations. La « résistance aux vaccins » doit être appréhendée comme le résultat d’expériences historiques passées. Une recherche menée sur les rumeurs de stérilisation qui accompagnèrent une campagne de vaccination contre la polio au Nigeria – et qui entraîna l’échec de cette campagne – montre, parmi d’autres, que ces rumeurs gagnent à être appréhendées comme la manifestation d’une mémoire collective de la confrontation à certaines pratiques médicales de l’époque coloniale. Au présent aussi, les populations africaines ont souvent de bonnes raisons de ne pas accorder de crédit aux équipes soignantes. On peut évoquer ici la pratique fréquente de séquestration des patients par les soignants en fin d’hospitalisation, qui peut se prolonger plusieurs semaines, et n’est levée que lorsque ces patients se sont acquittés de leur facture, ou encore une culture inhospitalière diffuse dans les services de santé. Sur le continent comme ailleurs, une réponse pertinente à la pandémie ne pourra donc pas faire l’économie d’une réelle prise en compte des contextes locaux.

Nous espérons que cette sélection, regroupant articles de presse, articles scientifiques et rapports, vous permettra d’avoir une vision plus claire des questions de santé mondiale.

Quoi de neuf en santé mondiale ? Avril 2021

Chères toutes, chers tous,

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Alors que la pandémie de la covid-19 continue d’occuper les journées et les esprits des acteur·rice·s de la santé mondiale, nous proposons ce mois-ci d’aborder la question de la préparation aux pandémies – preparedness en anglais – et de sa gouvernance à l’échelle mondiale. Nous évoquons les grandes étapes historiques dans la structuration des politiques de préparation, avant de revenir sur les principaux défis identifiés et discutés actuellement.

La préparation aux risques sanitaires fait l’objet d’un intérêt croissant depuis le début des années 2000. Dans un article de Foreign Policy, l’analyste Mark Perry rappelle les préoccupations diverses dont il procède. Il s’inscrit d’abord dans le contexte de la « guerre au terrorisme » déclarée par l’administration Bush à la suite des attaques du World Trade Center en 2001. On craint alors des attaques de grande ampleur menées à l’aide d’un agent pathogène. Mais la préoccupation pour des épisodes spontanés va aussi grandissante. Les scientifiques sont de plus en nombreux à alerter sur la survenue inévitable de pandémies analogues à celle que nous traversons aujourd’hui : d’origine animale, causée par un pathogène respiratoire, et qui se diffuserait aux quatre coins de la planète grâce aux circulations humaines. Des politiques de préparation sont élaborées. Aux États-Unis, Mark Perry montre qu’elles sont particulièrement influencées par les exercices de simulation menés entre 2001 et 2019 pour préparer les responsables politiques étatsuniens à de tels évènements critiques. Le premier d’entre eux, appelé Dark Winter, marque profondément les esprits et façonne les politiques de préparation de la décennie suivante.

La volonté de répondre aux risques sanitaires à l’échelle mondiale s’observe dès 1851. Hélène De Potter, maîtresse de conférences en droit public, évoque le moment fondateur de cette histoire : la conférence sanitaire internationale qui se tient à Paris à l’initiative de Louis-Napoléon Bonaparte. Elle montre que le passage à l’échelle mondiale soulève à l’époque des enjeux qui demeurent d’une brûlante actualité : incertitudes scientifiques, question de la souveraineté nationale, poids des enjeux économiques et politiques dans les décisions prises. En 2005, la gouvernance mondiale de la sécurité sanitaire franchit une étape importante avec l’adoption d’un traité dit Règlement Sanitaire International (International Health Regulations). Son outil principal est la déclaration d’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI en français, PHEIC en anglais), définie comme un « événement extraordinaire dont il est déterminé qu’il constitue un risque pour la santé publique dans d’autres États en raison du risque de propagation internationale de maladies et qu’il peut requérir une action internationale coordonnée ». Avant la Covid-19, cinq de ces évènements extraordinaires sont signalés : en 2009 (virus H1N1), 2014 (polio et Ebola), 2016 (Zika), 2019 (Ebola).

Comme le souligne le journaliste Marc Allgöwer dans un article paru dans Le Temps, les politiques et plans de préparation oscillent en fonction des impératifs du moment. Aux prises avec les effets de la crise financière de 2008, l’administration Obama démantèle ainsi en partie les dispositifs de préparation échafaudés par Georges Bush dès 2005, avant de les remettre en place à la suite de l’épidémie de H1N1 en 2009. Plus récemment, les épidémies d’Ebola du milieu des années 2010 suscitent un regain d’intérêt. La capacité de maintenir la préparation sur le long terme constitue ainsi un enjeu majeur. C’est ce que montre Andrew Lakoff, sociologue, dans un ouvrage de référence sur la question, paru en 2017 et intitulé Unprepared, Global Health in a Time of Emergency. Dans le contexte français, le non-renouvellement des stocks de masque illustre ce point. Arnaud Mercier, professeur en information-communication, propose à ce propos une généalogie de la pénurie de masque, qui remonte à 2005 et éclaire la situation du printemps 2020.

Les conversations récentes pointent vers la nécessité d’un financement nettement accru des politiques de préparation à l’échelle mondiale. Dans son adresse aux Nations-Unies du 26 avril 2021, Kamala Harris, appelle à la création d’un mécanisme global de financement de la réponse aux pandémies. Il y a en effet beaucoup à faire. Une étude récente de l’Institute for Health Metrics and Evaluation souligne que sur les 41 milliards (de dollars) consacrés à la santé mondiale en 2019, seulement 374 millions étaient consacrés à la préparation aux pandémies. Bien trop peu d’après l’International Working Group on Financing Preparedness, qui estime que dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, les besoins sont de 5 à 10 milliards de dollars par an pour les deux à trois prochaines années, et qu’il conviendrait de maintenir ce niveau pendant au moins dix années.

Le cadre existant est – en partie – remis en question. Concernant le rôle de l’OMS, nombreux sont ceux.elles qui appellent à consolider et renforcer son rôle. C’est d’ailleurs l’une des recommandations émises dans le dernier rapport du Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie. Mais de l’avis de beaucoup, les instruments doivent évoluer. Le 30 mars 2021, vingt-cinq chefs d’État, le président du Conseil européen et le directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé appellent, dans une tribune parue dans Le Monde, à un nouveau traité international sur la préparation et la riposte aux pandémies. Adossé au Règlement sanitaire international, il permettrait de « consolider la préparation aux pandémies au plus haut niveau politique ». Une autre piste, apparue à l’occasion d’Ebola et réitérée dans le contexte de la Covid-19, serait de remplacer le système binaire de déclaration d’une urgence de santé publique de portée internationale par une déclaration échelonnée qui comprendrait plusieurs niveaux d’alerte. Elle est toutefois jugée inadéquate par de nombreux spécialistes, qui soulignent que les difficultés tiennent avant tout aux réticences des états à mettre en œuvre des mesures préconisées par les expert·e·s d’organisations internationales. Pour Clare Wenham, professeure en global health policy à la London School of Economics, l’une des principales limites du système existant est qu’il est trop tourné vers la détection et la prévention des pandémies, et insuffisamment vers la riposte en tant que telle. Une détection certes indispensable pour guider la réponse, comme le rappellent deux bio-ingénieurs, Tim R. Mercer et Marc Salit, dans un article sur le passage à échelle des tests à l’occasion de la pandémie actuelle.

Nombreuses sont enfin les voix qui appellent à un élargissement du cadre aux questions environnementales. Henrique Lopes, professeur et expert en santé publique de l’Université Catholique de Lisbonne et John Middleton, président de l’association des écoles de santé publique de la région européenne (ASPHER), rappellent combien il serait vain de ne pas mettre en place des mesures pour prévenir la survenue de nouvelles pandémies en agissant sur la destruction des écosystèmes. Dans la même ligne, un groupe d’universitaires invite à faire de la prévention profonde (deep prevention), c’est-à-dire de la prévention du passage des pathogènes des animaux aux humains, un axe majeur du possible futur traité. Des conversations nourries par la prochaine conférence des Nations Unies sur la biodiversité qui se tiendra à Kunming en octobre prochain, à l’occasion de laquelle les principales organisations civiles souhaiteraient voir des objectifs clairs fixés.

Autant de dimensions qui seront sans doute au cœur des discussions du WHO Global Hub for Pandemic and Epidemic Intelligence, dont la création a été annoncée ces jours-ci…

Nous espérons que cette sélection, regroupant articles de presse, articles scientifiques et rapports, vous permettra d’avoir une vision plus claire des questions de santé mondiale.

Autant de dimensions qui seront sans doute au cœur des discussions du WHO Global Hub for Pandemic and Epidemic Intelligence, dont la création a été annoncée ces jours-ci…

Nous espérons que cette sélection, regroupant articles de presse, articles scientifiques et rapports, vous permettra d’avoir une vision plus claire des questions de santé mondiale.

Téléchargez les références de la revue de presse d’avril 2021 ici.

Quoi de neuf en santé mondiale ? Mars 2021

Chères toutes, chers tous,

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Nous avons décidé de la consacrer à la notion de santé comme bien public mondial. Si l’expression n’a jamais été autant utilisée, qu’entend-on exactement par ces mots ?  Si les fondements théoriques de ce concept viennent de l’économie politique, le concept est aujourd’hui largement utilisé, sans que cette notion soit forcément claire pour tous.

Pour commencer, nous vous proposons quelques articles présentant des éléments de définition, les enjeux conceptuels de cette notion lorsqu’elle est appliquée à la santé et au développement et enfin ses difficultés d’opérationnalisation dans le champ actuel de la gouvernance en santé mondiale.

Le concept résonne en tous cas particulièrement de nos jours face à la crise de la Covid-19. Nous avons sélectionné une série d’articles abordant la thématique du vaccin contre la Covid-19 au prisme de ce concept. Les auteurs font état du décalage entre des discours politiques et institutionnels promouvant les vaccins comme biens publics mondiaux et les réalités observées concernant leur production et leur distribution.

Enfin, vous trouverez des articles qui élargissent cette notion de bien public mondial aux produits pharmaceutiques dans leur ensemble, ou la mobilisent autour de l’insuline.

Nous espérons que cette sélection, regroupant comme chaque mois des articles de presse et des articles scientifiques, vous permettra d’avoir une vision plus claire des questions de santé mondiale.

Téléchargez les références de la revue de presse de mars 2021 ici.

Quoi de neuf en santé mondiale ? Février 2021

Chers toutes et tous,

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Comme vous le savez, nous alternons des revues de presse thématiques (l’approche « One health » et l’Europe étaient par exemple nos deux derniers sujets) et des revues de presse généralistes, comme celle que nous vous proposons pour le mois de février.

Parmi les évènements internationaux qui ont marqué les dernières semaines, il y a bien évidemment l’élection de Joe Biden à la tête des États-Unis : quel impact ce changement à la Maison-Blanche aurait-il sur la santé mondiale ? En supprimant la règle du « global gag rule » qui empêchait les ONG financées par le gouvernement américain de s’investir sur des projets liés à l’avortement, le nouveau président pose un geste symbolique fort. Nous avons également sélectionné pour vous un entretien absolument édifiant avec Tony Fauci, qui raconte son expérience de conseiller de Donald Trump et plusieurs articles sur l’impact géopolitique de cette élection et sur les conditions posées au retour des États-Unis à l’OMS.

L’OMS a également été l’objet de nombreuses réflexions ces dernières semaines, à propos du lancement d’une « Fondation OMS » chargée de mobiliser de nouveaux financements, à propos de la réforme possible de l’organisation onusienne (Olivier Nay propose quelques pistes concrètes), ou encore à propos de la présentation des résultats intermédiaires du Panel de haut niveau chargé d’évaluer la réponse internationale à la Covid.

Nous partageons avec vous un rapport OMS « Braver la tempête » faisant la synthèse des financements dédiés aux ressources humaines pour la santé sur la période 2000-2018 et pointant les risques liés à la crise COVID.

Enfin, nous avons évidemment choisi pour vous quelques articles sur le vaccin, objet de tensions géopolitiques évidentes. Si plusieurs articles pointent la montée d’un scepticisme anti-vaccin en Afrique, nous avons également sélectionné pour vous quelques articles sur les enjeux d’accessibilité des pays à revenus intermédiaires, sur l’importance des noms que l’on donne aux différents variants, ou encore sur la notion de bien public commun.

Nous espérons que cette sélection, regroupant comme chaque mois des articles de presse et des articles scientifiques, vous permettra d’avoir une vision plus claire des questions de santé mondiale ….

Téléchargez les références de la revue de presse de février ici.

Quoi de neuf en santé mondiale ? Janvier 2021

Chers toutes et tous,

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Nous avons décidé de la consacrer cette fois à l’approche One Health (« Une seule santé »). Si cette approche, qui promeut une approche intégrée de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement, n’est pas nouvelle, la crise Covid la met au centre de l’attention, et nous invite à penser la santé autrement, en pointant particulièrement l’interdépendance entre le bien-être des hommes, celui des animaux et le respect des écosystèmes.

Nous avons évidemment sélectionné pour vous quelques articles théoriques sur ce concept né au début des années 2000, ainsi que des articles généraux, comme par exemple celui de Philippe Myers, présentant les enjeux et les grands principes de cette nouvelle approche, profondément multidisciplinaire.

Le changement climatique menace de saper les acquis des 50 dernières années en santé publique. Il renforce la proximité toujours plus grande entre les habitats humains et les animaux (qui perdent leurs habitats naturels) et nous avons pensé qu’il était intéressant de faire un focus particulier sur les zoonoses, ces maladies transmises de l’animal à l’homme. Vous pourrez notamment lire un entretien avec Didier Sicard et plusieurs articles montrant la montée en fréquence et en puissance de ces zoonoses.

Nous partageons également avec vous quelques documents de référence des organisations internationales impliquées sur ces questions (PNUEOIEOMS et FAO), le dernier rapport du GIEC et quelques initiatives, internationales ou françaises, en lien avec ces questions (le Lancet Countdown, l’Initiative Prézode, l’approche OSH). Les choses sont en train de bouger, comme en témoigne l’ouverture du mandat de l’ANRS aux maladies infectieuses émergentes.

Il nous a semblé également important de creuser les aspects opérationnels de cette approche, qui reste pour le moment très conceptuelle pour la majorité d’entre nous. Nous avons donc sélectionné quelques articles ou documents proposant des pistes concrètes de mise en œuvre, notamment un guide de Vétérinaires sans frontières, un cadre opérationnel de la Banque mondiale, ou encore quelques articles sur la manière dont les hôpitaux, par exemple peuvent devenir « verts ».

À la fin de ce chapitre, nous évoquerons enfin d’autres enjeux : les résistances anti microbiennes, les mesures d’adaptation ou d’atténuation des risques liés au changement climatique, les enjeux liés à l’alimentation, le bilan des accords de Paris, la mise en place prochaine d’un conseil d’experts de haut niveau « One health » en France ou encore le dernier rapport sur le développement humain qui intègre désormais des indicateurs liés à l’environnement. 

Nous espérons que cette sélection, regroupant comme chaque mois des articles de presse et des articles scientifiques, vous permettra d’avoir une vision plus claire des questions de santé mondiale….

Toute l’équipe de Santé mondiale 2030 vous souhaite une très belle année 2021.

Téléchargez la liste des articles de la revue de presse de janvier 2021.


Agenda Santé mondiale 2021

Découvrez l’agenda des principaux événements Santé mondiale de l’année à venir, en France et à l’international ! (nous ferons des mises à jours régulières)

Téléchargez la version pdf : Agenda Santé mondiale 2021


Quoi de neuf en santé mondiale ? Décembre 2020

Chers toutes et tous,

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À l’occasion de la diffusion de notre dernière note politique sur l’axe franco-allemand de la santé mondiale (que vous pourrez lire ici), nous avons décidé de faire de l’Europe le thème central de cette revue de presse. La Santé est, comme vous le savez, traditionnellement du ressort des États membres mais la crise Covid pourrait faire évoluer cet état de fait. Quels enjeux au niveau européen et quelles nouvelles prérogatives pour l’Union européenne en matière de santé ? Les articles et liens que nous avons sélectionnés pour vous en cette fin d’année devrait vous permettre d’avoir une vision plus claire et plus globale de ces questions, parfois très techniques.

Vous trouverez d’abord dans cette sélection plusieurs liens portant sur les enjeux sanitaires européens. Vous pourrez notamment découvrir la dernière étude de l’OCDE sur la santé des européens ou encore une réflexion sur les enjeux européens de l’accès aux médicaments avec une analyse de la place de l’Europe dans le marché pharmaceutique mondial.

À propos de la fameuse « l’Europe de la santé » dont on parle beaucoup en ce moment, plusieurs articles reviennent sur les dispositifs ou initiatives communes déjà existantes en matière de santé au niveau européen, et sur les récentes propositions de la commission européenne. Nous avons sélectionné pour vous plusieurs réflexions en liens avec ces questions, de chercheurs français, mais aussi hollandais, anglais ou allemands, avec par exemple une note d’Ilona Kickbusch et de Christian Franz appelant à l’élaboration d’une véritable stratégie européenne en matière de santé mondiale. Plusieurs articles reviennent également sur les enjeux de la présidence allemande du conseil de l’Union européenne (qui se terminera dans quelques jours, à la fin de ce mois de décembre), et dans la continuité de laquelle devrait s’inscrire la présidence française de l’UE à venir, au premier semestre 2022.

Nous vous proposons un focus spécifique sur l’Allemagne, pays européen particulièrement impliqué dans le domaine de la santé mondiale. Cette revue de presse est à la fois l’occasion de (re)parcourir le traité d’Aix la Chapelle, signé en janvier 2019 pour renforcer la coopération entre la France et l’Allemagne, mais aussi de revenir sur la dernière édition du World Health Summit, conférence annuelle franco-allemande sur la santé, ou encore de découvrir la toute nouvelle stratégie allemande en santé mondiale.

Nous nous sommes également intéressés à la question de l’aide en santé des pays européens, qu’il s’agisse de faire le point sur l’atteinte de l’engagement de 0,7% du RNB consacré à l’aide au développement par les pays européens (étude «Aidwatch 2020» de la plateforme européenne CONCORD) ou de comprendre les priorités et circuits de financement des dix premiers pays européens contributeurs en matière d’aide au développement (Graduate Institute).

Enfin, nous vous proposons une sélection d’articles ou de liens pourtant à la fois sur la dynamique de l’épidémie de Covid en Europe (avec les cartes interactives de l’OMS et de l’ECDC) et sur la réponse des Etats membres, avec le « Health System response monitor » qui centralise des informations sur la manière dont les différents pays européens ont répondu à la crise. Particulièrement attentifs aux questions de démocratie sanitaire, le lancement d’une initiative citoyenne européenne (« Right to cure ») sur l’accès des européens aux produits de santé, a également retenu notre attention ce mois.

Nous espérons que cette sélection, regroupant comme chaque mois des articles de presse et des articles scientifiques, vous permettra d’avoir une vision plus claire des questions de santé mondiale…

Téléchargez la liste des articles de la revue de presse de décembre 2020.

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