Que faut-il retenir de l’année 2018 en matière de santé mondiale ?

L’année 2018 aura été riche pour la santé mondiale, l’année 2019 devrait l’être plus encore. Nous avons sélectionné pour vous 10 évènements, décisions ou conférences qui ont marqué l’année 2018, en France et dans le monde. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive !

Vous pouvez consulter la version pdf en cliquant ici:

  • Lutte contre les faux médicaments en Afrique

Un médicament sur dix en circulation dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est de qualité inférieure, ou falsifié.

En mai 2018, 25 pays francophones et 10 organisations internationales se sont entendus sur une série d’engagements, lors de la Conférence internationale de haut-niveau sur l’accès aux médicaments et produits médicaux de qualité en Afrique Francophone.  Cet enjeu est notamment important pour les pays du Sahel, zone prioritaire pour le gouvernement français à laquelle nous avons consacré une note : consultez là ici.

  • L’Initiative 5% passera à 7%

Créée en 2011, l’Initiative 5% s’est imposée au fil du temps comme un instrument central de la stratégie française en matière de santé mondiale. Suite à l’évaluation externe du dispositif, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a annoncé le passage à une « Initiative 7% » (7% des financements de la France au Fonds mondial seront donc désormais confiés à Expertise France pour assister techniquement les pays mettant en œuvre des subventions du Fonds mondial). La décision de rapprochement d’Expertise France et de l’Agence française de développement (prévu pour 2019) devrait également avoir un impact sur le dispositif institutionnel français en matière de santé mondiale.

  • Remise en question du discours dominant sur « la fin du sida »

47 chercheurs et militants de la Commission IAS-Lancet, dont Linda Gail Bekker, Serge Eholié ou Michel Kazatchkine ont mis en garde contre le discours dominant sur la fin du sida. Même si d’énormes progrès en matière de diminution de la mortalité due au VIH-sida ont été réalisés ces dernières années, peu d’avancées ont été obtenues dans la réduction des nouvelles infections et l’intégration du traitement de la maladie dans une prise en charge plus globale. Les membres de la Commission ont ainsi appelé à une approche nouvelle, plus globale, plus intégrée aux systèmes de santé. Ce thème avait également été l’objet d’un livre : « la Fin du sida est-elle possible ? ».

  • Organisation du premier Congrès international sur le paludisme

Face à l’absence de concertation entre les différents partenaires de la lutte contre le paludisme, un premier congrès international a été organisé en juillet afin de faire émerger des synergies, redynamiser la lutte contre le paludisme tout en l’intégrant plus largement dans le cadre des ODD et de la couverture sanitaire universelle.

De notre côté nous avons produit une note en réaction au film Malaria Business afin de mettre en garde contre les amalgames scientifiques véhiculés par le film à propos de l’utilisation de la tisane de feuilles d’Artémisia comme traitement contre le paludisme.

  • Tenue de la 3ème réunion de haut niveau des Nations Unies sur les maladies non transmissibles

Collectivement, le cancer, le diabète, et les maladies pulmonaires et cardiaques tuent 41 millions de personnes chaque année. Cette réunion de haut niveau en septembre dernier été l’occasion de faire le point sur les avancées et d’adopter de nouvelles mesures pour lutter plus efficacement contre les maladies non transmissibles. Il y a notamment été question de taxes, de prévention et de production de génériques.

Cette réunion a également été l’occasion de rappeler les conclusions du rapport « Time to deliver » de la Commission d’experts.

  • Première réunion de haut niveau des Nations Unies consacrée à la tuberculose

Rencontre politique la plus importante jamais tenue sur la tuberculose, cette réunion de haut niveau suscitait ne nombreuses attentes de la part de la communauté internationale. Notre note d’analyse en la matière revient sur les différents enjeux de la mobilisation internationale et fait des recommandations sur les stratégies à adopter. Les dirigeants mondiaux se sont ainsi engagés à ce que, d’ici 2022, 40 millions de personnes atteintes bénéficient de soins et que 30 millions de traitements préventifs soient fournis.

  • Signature d’un Plan d’Action mondial pour la santé mondiale

A l’initiative de l’Allemagne et du Ghana, les 11 principales organisations internationales impliquées sur la Santé mondiale se sont accordées sur le principe d’un “Plan d’action mondial pour la santé et le bien-être de tous“. L’idée étant de trouver de nouvelles modalités de coopération (alignement, accélération et recevabilité) pour diminuer la fragmentation, la duplication et l’inefficience de certaines actions. Ils ont un an pour finaliser ce plan, qui devra être présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies, en septembre 2019.

  • Publication de la liste des 200 femmes francophones leaders en santé mondiale

Dans le secteur de la santé comme dans beaucoup d’autres, les femmes sont sous représentées dans les postes décisionnaires ou les fonctions les plus prestigieuses. Ce constat est particulièrement criant dans les pays francophones. L’initiative Women In Global Health, qui a l’habitude de mettre en lumière les femmes les plus engagées dans le monde a eu la belle idée de susciter une liste des 200 femmes francophones leaders en santé mondiale.  Bravo à elles !

  • Epidémie d’Ebola en République démocratique du Congo

En 4 mois, l’épidémie Ebola a fait plus de 300 morts dans le nord Kivu. Malgré la mobilisation rapide des acteurs, les campagnes de vaccination expérimentale et la disponibilité des traitements, la fin de l’épidémie semble encore lointaine. Le contexte d’insécurité et de méfiance qui règne dans le pays empêche les médecins d’accéder à certaines populations et donc de maitriser efficacement l’épidémie. Quand la guerre est une menace pour l’accès aux soins…

  • Annonce par la France de l’accueil de la prochaine séance de reconstitution du Fonds mondial

En mai, le Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé l’accueil par la France de la prochaine séance de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le 10 octobre 2019 à Lyon. Cette décision, qui s’inscrit dans la ligne des grandes priorités de l’engagement français en matière d’aide au développement, est une occasion unique pour la France de réaffirmer son leadership en matière de santé mondiale.